Je parcours la maison. 

A la recherche de son odeur, de sa présence.

Il y a ses vêtements toujours dans l'armoire

sa mousse à raser et sa brosse à dent dans la salle de bain

ses chaussures dans l'entrée

sa voiture dans la cour

sa cigarette commencée mais jamais finie dans le cendrier

son courrier pas ouvert. 

"On ne le verra plus et ça s'est triste" m'a dit Rose. 

Oui c'est triste. Ce mot me semble si faible par rapport à ce que je vis. J'ai le sentiment qu'un trou béant s'est ouvert en moi. Un manque. 

J'entends une voiture s'arrêter devant la maison et j'ai l'impression qu'il est arrivé, qu'il va ouvrir la porte et dire "vous ici?" de sa voix éraillée par le tabac. 

Je regarde mes filles, je sens les coups de mon fils dans mon ventre. La vie continue. Mais sans lui. Il ne connaîtra pas son petit-fils, lui qui avait tant rêvé d'avoir un fils. 

Je parcours la maison et je suis perdue.

Comme une enfant sans père. 

 

 

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