Les secrets

"Tu ne savais pas?"

Non je ne savais pas. 

La boite de pandore est donc ouverte. 

Je regarde mon enfance d'un autre oeil. 

Je m'en veux de ne rien avoir vu. Mais aurais-je pu faire quelque chose? Objectivement non. J'étais une enfant.

Je regarde les adultes qui m'ont protégée d'un autre oeil. 

 Je leur en veux de ne rien avoir fait. Mais ont-il vu quelque chose? ont-il eu des soupçons? Je n'en saurais jamais rien. 

Je sais que je n'en parlerai jamais avec eux, pas peur de ce qu'ils pourraient me dire, pas pudeur aussi, parce que la victime ne s'est pas adressée à moi et que je me dis que peut-être qu'elle ne souhaite pas que j'en parle. Et pourtant ce serait tellement nécessaire. 

Le secret nous bouffe de l'intérieur. 

Mon enfance apparaît comme des bouts de puzzle qu'il faut que je remette dans l'ordre et qui crée une autre image que celle qui m'était apparue initialement. Dans cette nouvelle enfance il y a une enfance volée et un agresseur. Je les connais tous les deux et "je n'aurais jamais cru". Non mes yeux d'enfants n'ont rien vu. 

Je me demanderai toute ma vie si leurs yeux d'adultes savaient et pourquoi ils n'ont rien fait. 

[je profite de ce torrent de boue qui me submerge pour vous rappeler que si jamais vous avez des doutes sur une situation de violence, l'inaction ne peut être une possibilité. Il existe un numéro d'appel si agir de vous même vous semble impossible : http://www.allo119.gouv.fr/]

 

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