Le casque de ski

C'était notre première fois au ski avec les filles. 

Je ne suis jamais allée au ski enfant donc j'étais un peu perdue sur ce qu'il fallait. Nous avons acheté des combinaisons, des gants, des chaussettes chaudes, des t-shirt techniques et un casque. Oui un seul. Pour Fleur. Parce que Paparose m'a dit "non mais franchement Rose chez les Piou Piou, elle ne fera rien qui nécessitera un casque". 

Quand même j'avais un doute. Alors quand j'ai inscrit les filles aux cours de l'ESF, j'ai demandé quel était l'équipement nécessaire (bâton ou pas? casque ou pas?). Pas de bâton et pas de casque pour les piou-piou m'ont-ils dit. Donc pas de casque pour Rose. c'était parfait, nous n'en avions pas. 

Et arriva le premier cours. 

Il faisait 15° et le soleil tapait, Rose, lunettes de soleil et cheveux blonds a pris place aux milieux d'enfants qui avaient tous un casque. 

Alors j'ai dit à la monitrice, m'expliquant un peu, me sentant mal à l'aise et fautive "Je ne lui ai pas mis de casque, quand j'ai pris l'inscription on m'a dit qu'il n'était pas nécessaire. Je lui en mets un demain?"

Et elle m'a répondu "non. Sincèrement ce n'est pas nécessaire". 

Et c'était vrai. 

Pour avoir regardé un peu le cours, Le cours de ski des piou-piou est beaucoup moins dangereux que la cour de récréation, son toboggan, sa cabane sur le toit de laquelle les enfants montent quand les maîtresses ne regardent pas et son banc duquel ils sautent quand les maîtresses ne regardent pas. 

Je sais donc que rationnellement, elle n'avait pas besoin de casque. 

Et pourtant. 

Pourtant chaque matin je me raisonnais pour ne pas acheter un casque. 

Pourtant, à chaque fois que je la déposais à son cours, j'avais un pincement au coeur de voir ma toute petite être la seule enfant sans casque. 

Pas pour elle. Non puisque je savais que cela ne lui nuisait pas de ne pas en avoir. 

Mais pour moi. 

Moi et ma culpabilité. Moi et mon sentiment d'être une mauvaise mère parce que je n'avais pas fait comme les autres. Les bonnes mères, celles qui mettent un casque à leur enfant et un goûter dans leur poche (oui je ne mets pas de goûter non plus, considérant qu'on goûte après le cours, en famille, quand on rentre). 

C'est terrible cette pression que l'on nous met. Que l'on se met. Ce besoin d'afficher le fait qu'on est une bonne mère. 

Cette pression que seule les mères ressentent. Car les pères semblent imperméables à ce que l'on pensent d'eux en tant que père. 

Ou peut-être suis-je la seule à ressentir une telle pression? Dites moi? 

signé : celle qui culpabilise encore que sa fille ait été la seule à ne pas avoir de casque à son cours de ski

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