Délit de désinformation

Aujourd'hui, le gouvernement présente à l'assemblée une proposition de loi sur le délit d'entrave numérique à l'IVG. L'opposition s'indigne. Il faut dire qu'après avoir élu François Fillon pour les représenter à la présidentielle, ils ne vont pas se présenter comme des pourfendeurs de l'IVG. 

Qu'est-ce que le délit d'entrave à l'IVG? il s'agit de rendre délictuel les sites internet / numéros d'informations qui diffusent de fausses informations sur l'IVG afin de dissuader les femmes d'avorter. 

Il s'agit donc à mon sens d'un délit de désinformation. 

J'entend qu'on puisse être contre l'avortement, même si ce n'est pas mon avis. On peut s'opposer pour des raisons morales, religieuses au fait que des femmes interrompent une grossesse, mais il faut respecter la loi. Et la loi en France autorise l'accès à l'IVG. Il est donc logique de dire qu'on ne devrait pas avoir le droit de propager de fausses informations sur les effets psychologiques et médicaux de l'avortement. 

Des sites, très bien référencés sur moteurs de recherche mettent l'accent sur les effets psychologiques de l'avortement et leurs dangers pour la santé. 

Je ne nie pas les effets psychologiques. je ne les connais pas, je n'ai jamais avorté.

Mais ne nions pas non plus les effets psychologiques dévastateurs pour une femme ou une jeune fille d'être obligée de devenir mère alors qu'elle ne l'a pas choisi et les effets sur l'enfants qui s'entendra dire toute sa vie "je t'ai eu parce que je n'ai pas pu avorté". J'ai déjà entendu ce type de phrase dans mon entourage. D'une autre génération. Celle d'avant 1975. Et à chaque fois, je me demande comment on se construit quand on a toujours entendu dire qu'on n'avait pas été désiré? 

Je ne nie pas qu'un avortement puisse entraîner des complications médicales. Mais c'est le cas de tout intervention médicale sur le corps. C'est le principe même de la complication médicale. D'ailleurs, un accouchement aussi peut-être médicalement risqué non? 

Quand une femme cherche de l'information sur l'avortement, c'est qu'elle est en difficulté. peut-être qu'elle ira jusqu'au bout de la démarche. Peut-être pas. Dans tous les cas, elle a besoin d'informations fiables, non culpabilisantes qui lui permettent de prendre sa décision consciemment, seule ou en couple, selon sa situation.  

J'insiste sur l'idée du couple car un avortement n'est pas à mon sens uniquement un choix féminin. Certes c'est le corps de la femme qui subit une intervention médicale (comme pour l'accouchement d'ailleurs), mais le choix est parfois fait à 2. On oublie trop souvent la place des hommes dans l'IVG. 

Alors oui, je soutiens la démarche de la ministre de la santé. 

Et pour rappel, un vrai site d'information : ivg.gouv.fr

 

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