Depuis quelques temps, une chanson tourne en boucle dans la radio que l'ancien propriétaire avait enregistré sur la touche numéro 2 de mon autoradio (et que je n'ai toujours pas changé). Cette chanson c'est Christophe Mae qui s'égosille en demandant "mais il est où le bonheur?".

Mais il est où le bonheur?

La première fois que j'ai entendue cette chanson, je l'ai trouvé très niaise.. (et j'avoue que je la trouve toujours très niaise, mais c'est souvent le cas avec les chansons niaises, vous vous retrouvez un jour à les fredonner tout en les décriant). Une phrase m'a touchée particulièrement "C'est con le bonheur, ouais, car c'est souvent après qu'on sait qu'il était là" (oui c'est pas un grand poète le garçon)

Un soir je rentrais du travail. J'étais fatiguée et pourtant de bonne humeur. J'ai subitement réalisé que j'étais bien. Que contrairement à ce jeune homme je ne me sentais plus en quête de quelque chose. "Il est là"

Pendant longtemps j'ai eu le sentiment que l'image que je renvoyais n'avait rien à voir avec ce que je ressentais. J'avais tout pour être heureuse, mais je ressentais un vide. Un peu comme un explorateur qui court après la ligne d'horizon.

Mais à ce moment là, j'ai su que j'avais trouvé mon port. Je suis heureuse.

Je me suis dis alors je n'avais plus envie de courir après autre chose. J'ai la chance d'avoir un amoureux, deux petites filles, un boulot qui me plait, une maison sympa, des copines avec qui prendre le thé au soleil, des potes pour partir en week-end, une famille parfois relou mais qui s'aime.

Certes je pourrais être plus mince, plus belle, plus riche, moins précaire, meilleure mère, savoir bricoler, être doué en déco, meilleure cuisinière. Certes je peux toujours avoir des reproches à faire aux filles ou à mon homme.

Oui tout pourrait être différent? cela serait-il mieux? je n'en suis pas sure alors je préfère privilégier ce que j'ai maintenant.

Ma thérapie m'a appris à vivre au présent. Je n'ai jamais regretté le passé, mais j'ai appris à ne pas avoir peur de l'avenir.

Là maintenant, tout de suite, nous sommes heureux.

Nous ne dormons pas toujours assez, nous avons des découverts en fin de mois, mon boulot est précaire, nous ne savons pas dans quelle école iront les filles, nous n'avons toujours pas réussi à ce que Rose soit propre, certaines personnes sont bien lourdes autour de nous. Mais ce ne sont que des éléments de contexte.

Dans les fait, nous avons la chance de nous aimer très fort. Nos coeurs explosent de bonheur à chaque fois que nous prenons les filles dans nos bras et nous nous regardons souvent avec des rires dans les yeux quand nous les écoutons parler ou que nous les regardons jouer (y compris parfois juste avant de les gronder parce que "non mais ça va pas!"). Pas besoin de courir après autre chose. Ce que nous avons maintenant nous convient.

Mais il est où le bonheur?
Retour à l'accueil