Je n'aurais surement pas commenté les révélations concernant le harcèlement sexuel attribué à Denis Baupin. Dans ce genre d'affaire, il y a la présomption d'innocence, toujours.

Et puis il y a eu Twitter. Et des réactions plus nauséabondes les unes que les autres.

Il y a ceux qui jurent qu'ils ne savaient pas (en même temps dire maintenant "oui on le sait tous que c'est un goujat, mais on ferme les yeux" ça ne le fait pas) ou encore "on savait mais on l'aime bien alors on a rien dit"

Il y a ceux (plus souvent celles) qui disent : "fallait bien que ça sorte"

Il y a ceux qui disent

C'est vrai on sait tous que les hommes politiques sont des chauds, que quand il y a pouvoir il y a femmes et qu'elles sont bien contentes de se faire peloter par un député. Et puis si elles se plaignent c'est sans doute parce qu'elles n'ont pas eu ce qu'elles voulaient, sinon elles auraient été bien contentes qu'il les aide dans leur carrière contre un pelotage de temps en temps.

Et encore plus nauséabond celles qui disent

En même temps sa femme est moche alors ça se comprend

En définitives quoi qu'on fasse les femmes sont pointés du doigts dans cette affaire. Les victimes = des affabulatrices. Sa femme = une pousse au vice.

je ne sais pas quelle est la vérité dans cette histoire. Et en même temps j'avoue que je me fiche un peu de M. Baupin.

Ce qui me gène aujourd'hui, c'est de voir en plein jour ce que je redoute souvent. Ce sexisme ambiant dont on imagine parfois qu'il n'existe que dans la tête des féminismes ("tu vois du sexisme partout"), mais qui ressort à la moindre occasion.

C'est dans ces moments là que l'on sait que rien n'est gagné. C'est dans ces moments là que je sais qu'être maman de fille est spécifique. Parce qu'il sera plus rare qu'un garçon s'entende dire qu'il a réussi en couchant. Parce qu'il est plus rare qu'un garçon se fasse pincer les fesses dans l’ascenseur. Parce qu'il est plus rare qu'une femme fasse du chantage au sexe à un de ses collaborateurs.

Et ce sexiste larvé est particulièrement prégnant quand on parle de politique. Comme si, parce que nous les avons élus pour nous représenter, ces hommes avaient des droits que n'ont pas les autres.

Les hommes ne sont-ils que des êtres primaires muent par leurs hormones qu'ils ne peuvent contrôler? Le jour où les hommes comprendront que cette image de primate est négative pour eux les choses changeront.

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