Demain soir les vacances commencent!

L'occasion pour moi de faire le point sur cette question que personne ne me pose : c'est quoi être une maman qui travaille?

Etre une maman qui travaille, c'est reprendre le chemin du bureau quand bébé a 10 semaines (beaucoup prolongent, mais ce n'est pas toujours possible). Pour Fleur j'avais pu prendre un mois de vacances en plus. Ce fut l'idéal. Pour Rose, ayant des problèmes de contrats et de RH j'ai repris le travail 11 semaines après sa naissance. Qui a pu penser qu'avec un bébé de 2 mois et demi une femme est en forme pour reprendre le travail? J'étais épuisée, elle ne faisait pas ses nuits et nous avons passé des mois éprouvants. J'ai quand même pu prolongé mon allaitement mais au prix d'une sacrée organisation. J'aurais aimé reprendre un peu plus tard. Je ne comprends pas d'ailleurs que le congés maternité soit plus long pour un troisième enfant et pas pour un second. Sincèrement on n'est vraiment beaucoup plus fatigué avec deux enfants qu'avec un seul (enfin moi je l'étais).

Etre une maman qui travaille, c'est trouver un mode de garde et partir chaque jour en se demandant si tout se passe bien. Pas parce qu'on culpabilise de laisser son bébé (cela n'a jamais été mon cas), mais parce qu'on a tous autour de nous l'exemple de la nounou qui va faire ses courses en laissant bébé au lit ou de celle qui passe outre toutes les consignes éducatives que l'on a donné (y compris en ce qui concerne la fessée).

Etre une maman qui travaille c'est arriver en réunion après des nuits sans sommeil et se demander ce qu'on fait là. Pas parce qu'on n'aime pas son travail, pas parce qu'on aurait aimé rester à la maison, juste parce qu'on aurait besoin de dormir.

Etre une maman qui travaille c'est être susceptible de recevoir un appel n'importe quand dans la journée parce que bébé a de la fièvre/les fesses rouges parce que personne ne pense à appeler le papa meme s'il travaille à coté de chez la nounou et que vous êtes à 100km.

Etre une maman qui travaille c'est gérer les aléas des modes de garde en particulier quand les enfants sont malades. Heureusement que, chez nous, les congés enfant-malade existent. On en a eu besoin cette année (et pour tout dire, Paparose en a pris autant que moi!, les aléas des congés liés aux maladies des enfants ne sont pas uniquement pour les mamans).

Etre une maman qui travaille c'est supporter les remarques des autres mamans, celles qui ne travaillent pas et qui considèrent que leur choix est le meilleur que l'on puisse faire pour un enfant. Car après tout elles n'ont "pas fait des enfants pour les faire élever par les autres"(réflexion véridique).

Et finalement, être une maman qui travaille, c'est culpabiliser, beaucoup, souvent. Parce qu'on vous renvoie votre absence (les autres, pas vos enfants, eux trouvent cela normal), parce que vous n'avez pas eu le temps de faire un cadeau maison pour la maîtresse ou un jeu fait maison pour la kermesse, parce que vous n'avez pas développé d'activité éducatives fait maison pour vos enfants, parce que vous ne remplissez pas les cases de la bonne mère telle que les manuels les formatent.

Cette culpabilité me pèse. J'ai le sentiment permanent de subir des injonctions sociales paradoxale : "ai un emploi ou tu sera considéré comme une grosse feignasse, mais ta condition féminine devrait normalement te pousser à regretter d'avoir un emploi car tu devrais considérer que ton plus beau rôle est celui de mère. Donc culpabilise".

Personnellement je ne culpabilise pas de travailler. Mais je culpabilise de tout ce que je ne peux pas faire avec mes filles. C'est sur que quand je rentre du travail à 19h et qu'elles doivent être couchées à 20h30, le temps passé avec elle est court. J'ai l'impression de rentrer, les laver, les nourrir et les coucher. Et tout cela dans un temps si court et si tendu que je souffle quand même quand elles sont couchées. Mais malgré tout, je n'ai pas l'impression de ne pas prendre de temps avec elle. Je connais tous leurs jeux, les histoires de l'école, leur évolution. Moi ce rythme me convient.

Mais je culpabilise quand même. Cette culpabilité ne vient pas de moi, de mes désirs qui seraient inassouvis, non elle vient de ce que j'imagine que la société attend de moi comme mère. Elle vient de ces remarques dont l'auteur se rend à peine compte sur mon manque de disponibilité, sur ma faible présence à l'école, sur le fait que ma fille fréquente la cantine, sur le fait qu'elle ne sache pas encore faire telle ou telle chose (et je précise que ce n'est pas lié au temps qu'on ne lui consacre pas mais au fait qu'on considère qu'elles doivent aussi apprendre à leur rythme, sans pression de notre part). Alors je me dis que je devrais faire mieux, plus. Mais comment? Et...je culpabilise.

Et si on laissait chacun faire comme il l'entend? Je suis une maman qui travaille. C'est comme ça. C'est aussi, et j'ai cette chance, ce qui permet de m'épanouir. Je respecte les mamans qui font un autre choix. Respectez le mien.

Et vous, vous le vivez comment?

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