J'avais 9 ans.

Je me souviens des adultes qui trouvaient que cela était "historique", "incroyable".

Je me souviens que le mot "Europe" revenait souvent.

Je me souviens que ma maman m'avait fait écouter une chanson de Balavoine et que je fredonnais que "c'était le 13 aout 1961, j'allais rue Bernauer, je voulais voir mon frère pour parler de liberté". J'avais été frappée par l'histoire de ces deux frères séparés par un mur. J’imaginais un mur qui traversait une maison et séparait une famille en deux.

Je me souviens d'un jeune homme, habillé tout en jean, qui escaladait un mur couvert de graffitis et hurlait de joie une fois au sommet du mur.

Je me souviens d'un vieil homme qui jouait du violoncelle devant ce même mur couvert de graffiti.

Je me souviens de scènes de liesse entrevues à la télévision, de milliers de gens qui escaladaient le mur, de coup de pioches, de pan de mur qui s'écroulaient.

Je me souviens surtout ne pas avoir compris grand chose à cette histoire d'Est et Ouest, de pays coupé en deux et de liberté qui n'existaient que d'un côté du mur. Mais malgré cette incompréhension il y avait au fond de moi quelque chose qui me disait que c'était bien, que c'était une chose joyeuse.

25 ans plus tard, Berlin fête se réunification et moi j'ai enfin compris la teneur historique de ces quelques jours de Novembre 1989. Mais je garde au fond de moi le regard d'une petite fille de 9 ans qui avait été émue aux larmes en voyant ces hommes et ces femmes détruire ce mur.

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